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Propriétés de FN

Propriétés de FN (Monofluorure d'azote):

Nom du composéMonofluorure d'azote
Formule chimiqueFN
Masse Molaire33.0051032 g/mol

Structure chimique
FN (Monofluorure d'azote) - Structure chimique
structure de Lewis
Structure moléculaire 3D

Composition élémentaire de FN
ÉlémentSymboleMasse atomiqueAtomesPour cent en masse
FluorF18.9984032157.5620
AzoteN14.0067142.4380
Composition en pourcentage massiqueComposition en pourcentage atomique
F: 57.56%N: 42.44%
F Fluor (57.56%)
N Azote (42.44%)
F: 50.00%N: 50.00%
F Fluor (50.00%)
N Azote (50.00%)
Composition en pourcentage massique
F: 57.56%N: 42.44%
F Fluor (57.56%)
N Azote (42.44%)
Composition en pourcentage atomique
F: 50.00%N: 50.00%
F Fluor (50.00%)
N Azote (50.00%)
Identifiants
Numéro CAS13967-06-1
SOURIRES[F+]=[N-]
Formule de HillFN

Composés apparentés
FormuleNom composé
NF3Trifluorure d'azote
NF2Difluorure d'azote
NF5Pentafluorure d'azote
FN3Azoture de fluor
N2F4Tétrafluorohydrazine

Liés
Calculateur de poids moléculaire
Calculateur d'état d'oxydation

Monofluorure d'azote (NF) : Composé Chimique

Article de Revue Scientifique | Série de Référence en Chimie

Résumé

Le monofluorure d'azote (NF), également connu sous le nom de fluoroimidogène, représente une molécule diatomique métastable de formule chimique NF. Cette espèce réactive présente un numéro CAS 13967-06-1 et appartient à la classe des fluorures d'azote. Le monofluorure d'azote démontre une instabilité significative par rapport à son dimère, le difluorure de diazote (N2F2), et une tendance à se décomposer en azote et fluor élémentaires. La molécule possède une longueur de liaison d'environ 1,317 Å et une énergie de dissociation de 76,5 kJ·mol-1. Une chimiluminescence infrarouge caractéristique apparaît à 870 nm et 875 nm, avec une émission visible supplémentaire observée à 525-530 nm. Sa production se fait principalement par des réactions d'abstraction radicalaire à partir du difluorure d'azote ou par décomposition de l'azoture de fluor. Les applications de recherche se concentrent principalement sur les systèmes laser chimiques en raison de ses propriétés efficaces de transfert d'énergie et de ses spectres d'émission caractéristiques.

Introduction

Le monofluorure d'azote constitue une molécule diatomique inorganique d'un intérêt théorique considérable malgré sa métastabilité inhérente. Caractérisé pour la première fois par des méthodes spectroscopiques au milieu du 20ème siècle, ce composé représente l'une des rares instances documentées d'atomes de fluor multipliément liés. La molécule est isoélectronique avec l'oxygène moléculaire (O2) et l'anion nitroxyle (NO-), partageant une configuration électronique et des caractéristiques de liaison similaires. Le monofluorure d'azote existe exclusivement comme intermédiaire transitoire dans les réactions chimiques, sans phase condensée stable observée dans des conditions standard. Son importance en chimie moderne découle principalement de son rôle dans les processus de transfert d'énergie et ses applications potentielles dans la technologie des lasers chimiques. La réactivité extrême et la courte durée de vie du composé présentent des défis substantiels pour l'investigation expérimentale, nécessitant des techniques spécialisées telles que la spectroscopie par isolation en matrice et la fluorescence induite par laser pour sa caractérisation.

Structure Moléculaire et Liaison

Géométrie Moléculaire et Structure Électronique

Le monofluorure d'azote adopte une géométrie linéaire conforme à la structure moléculaire diatomique. La longueur de liaison mesure 1,317 Å, intermédiaire entre les liaisons simples et doubles azote-fluor typiques. La théorie des orbitales moléculaires décrit la configuration électronique comme (σ2s)22s*)22p)22p)42p*)2, résultant en un ordre de liaison de 2. Cette structure électronique est parallèle à celle de l'oxygène moléculaire, expliquant le caractère paramagnétique observé dans les études spectroscopiques. L'état électronique fondamental correspond à 3Σ-, avec des états excités aux configurations 1Δ et 1Σ+. L'atome d'azote porte une charge formelle de +1, tandis que le fluor présente une charge formelle de -1, créant un moment dipolaire significatif de 0,42 D. La symétrie moléculaire appartient au groupe de point C∞v, avec des modes vibrationnels actifs en infrarouge et des constantes rotationnelles caractéristiques.

Liaison Chimique et Forces Intermoléculaires

La liaison azote-fluor dans NF démontre un caractère ionique partiel estimé à environ 40%, résultant de la différence d'électronégativité substantielle entre l'azote (3,04) et le fluor (3,98). L'énergie de dissociation de liaison mesure 76,5 kJ·mol-1, significativement inférieure à celle du trifluorure d'azote (283 kJ·mol-1) mais supérieure aux liaisons simples azote-fluor typiques. La fréquence vibrationnelle de liaison se produit à 1141,5 cm-1 dans l'état électronique fondamental, se déplaçant vers des fréquences plus basses dans les états excités. Les interactions intermoléculaires sont négligeables dans les conditions expérimentales en raison de la nature transitoire du composé et de sa faible concentration. Les interactions dipôle-dipôle dominent lorsqu'il est isolé en matrice à des températures cryogéniques, avec des rayons de van der Waals calculés de 1,55 Å pour l'azote et 1,47 Å pour le fluor. La polarité de la molécule facilite l'orientation dans les champs électriques, bien que les applications pratiques restent limitées par son instabilité.

Propriétés Physiques

Comportement de Phase et Propriétés Thermodynamiques

Le monofluorure d'azote n'a pas été isolé dans des phases condensées pures en raison d'une dimérisation et d'une décomposition rapides. Dans des conditions d'isolation en matrice à des températures inférieures à 20 K, la molécule peut être stabilisée dans des matrices solides d'argon ou d'azote. L'enthalpie de formation (ΔfH°) mesure 251,0 ± 4,2 kJ·mol-1 à 298 K. L'énergie libre de Gibbs standard de formation (ΔfG°) est calculée à 285,6 kJ·mol-1, indiquant une forte force motrice thermodynamique pour la décomposition. L'énergie de dissociation (D0) mesure 76,5 kJ·mol-1 à partir de l'état vibrationnel fondamental. L'énergie de point zéro vibrationnelle contribue à hauteur de 6,8 kJ·mol-1 à l'énergie totale. La fréquence vibrationnelle fondamentale (ωe) se produit à 1141,5 cm-1, avec une constante d'anharmonicité (ωexe) de 6,5 cm-1. Les constantes rotationnelles sont calculées comme Be = 1,62 cm-1 et αe = 0,018 cm-1 pour l'état électronique fondamental.

Caractéristiques Spectroscopiques

La spectroscopie infrarouge révèle la bande vibrationnelle fondamentale à 1141,5 cm-1 avec une structure rotationnelle fine caractéristique des molécules diatomiques. Le spectre rotationnel-vibrationnel présente des branches P, Q et R avec un espacement d'environ 3,3 cm-1 entre les lignes adjacentes. La spectroscopie électronique montre plusieurs systèmes : la transition b1Σ+ → X3Σ- produit une émission à 525-530 nm (région verte), tandis que la transition a1Δ → X3Σ- apparaît à 870-875 nm (région infrarouge). Ces transitions présentent un caractère interdit de spin avec des forces d'oscillateur relativement faibles (f ≈ 10-5). La spectroscopie micro-ondes détermine la constante rotationnelle B0 = 1,601 cm-1 et la constante de distorsion centrifuge D0 = 5,6 × 10-6 cm-1. L'analyse spectrométrique de masse montre un pic de l'ion parent à m/z 33 (NF+) avec des motifs de fragmentation caractéristiques incluant N+ (m/z 14) et F+ (m/z 19).

Propriétés Chimiques et Réactivité

Mécanismes Réactionnels et Cinétique

Le monofluorure d'azote subit une recombinaison bimoléculaire rapide avec une constante de vitesse de 2,3 × 10-12 cm3·molécule-1·s-1 à 298 K, formant principalement du difluorure de diazote cis- et trans- (N2F2). La réaction de décomposition NF → 1/2 N2 + 1/2 F2 procède avec une énergie d'activation de 84 kJ·mol-1 et présente une cinétique du premier ordre. Les réactions d'abstraction d'atome d'hydrogène se produisent avec des constantes de vitesse approchant la limite de collision, comme illustré par NF + H → HF + N avec k = 1,8 × 10-10 cm3·molécule-1·s-1. Les atomes d'oxygène réagissent rapidement via NF + O → NO + F (k = 5,6 × 10-11 cm3·molécule-1·s-1). La molécule démontre un caractère radicalaire, participant à des réactions en chaîne avec le difluorure d'azote. Les réactions d'abstraction d'halogène procèdent efficacement, avec NF + Cl → NCl + F présentant k = 3,2 × 10-11 cm3·molécule-1·s-1. La durée de vie dans des conditions expérimentales typiques varie de quelques microsecondes à quelques millisecondes, selon la concentration et la température.

Propriétés Acide-Base et Redox

Le monofluorure d'azote fonctionne à la fois comme agent oxydant et réducteur selon les partenaires réactionnels. Le potentiel de réduction standard pour NF + e- → N + F- est estimé à -1,2 V par rapport à l'électrode standard à hydrogène. Les réactions d'oxydation impliquent typiquement un transfert d'atome de fluor, NF agissant comme agent de fluoration envers les substrats organiques. La molécule présente une faible basicité de Lewis via le doublet libre de l'azote, formant des complexes de coordination avec des acides de Lewis forts dans des conditions cryogéniques. L'affinité protonique mesure environ 650 kJ·mol-1, indiquant une basicité modérée. Le composé démontre une stabilité dans les matrices inertes mais se décompose rapidement en présence d'humidité ou d'oxygène. Une disproportionation redox se produit via 3NF → N2F2 + NF3 avec une barrière d'énergie d'activation de 75 kJ·mol-1. Le potentiel d'ionisation mesure 12,8 eV, cohérent avec son caractère radicalaire.

Synthèse et Méthodes de Préparation

Voies de Synthèse en Laboratoire

La synthèse en laboratoire la plus efficace implique une abstraction radicalaire du difluorure d'azote utilisant des atomes d'hydrogène : NF2 + H → NF + HF. Cette réaction procède avec une efficacité proche de l'unité et régénère les atomes d'hydrogène par des réactions subséquentes, permettant une propagation en chaîne. Le processus nécessite un contrôle précis des concentrations radicalaires pour prévenir les réactions secondaires. Les voies de synthèse alternatives emploient la décomposition de l'azoture de fluor (FN3), soit thermiquement (au-dessus de 100°C) soit photolytiquement (λ < 300 nm). La décomposition suit une cinétique du premier ordre avec les paramètres d'Arrhenius Ea = 105 kJ·mol-1 et A = 1013,2 s-1. Les rendements atteignent typiquement 60-70% basés sur le FN3 consommé. Une décharge micro-ondes à travers des mélanges NF3/N2 produit des radicaux NF par dissociation par impact électronique. Les techniques d'isolation en matrice permettent l'accumulation de NF à des concentrations allant jusqu'à 5% dans l'argon solide à 10 K. L'ablation laser de composés NF2 génère du NF dans des états électroniques excités adaptés aux études spectroscopiques.

Méthodes Analytiques et Caractérisation

Identification et Quantification

La fluorescence induite par laser fournit la méthode de détection la plus sensible avec des limites de détection approchant 108 molécules·cm-3 en utilisant la transition b1Σ+ → X3Σ- à 529 nm. Les mesures résolues en temps permettent la détermination des profils de concentration avec une résolution microseconde. La spectroscopie d'absorption infrarouge surveille la bande vibrationnelle fondamentale à 1141,5 cm-1 avec des limites de détection typiques de 1012 molécules·cm-3 en utilisant des lasers à diodes accordables. La détection spectrométrique de masse emploie l'ionisation par impact électronique avec des motifs de fragmentation caractéristiques ; l'ion parent NF+ apparaît à m/z 33 avec une abondance relative de 15% par rapport au pic de base à m/z 14 (N+). La détection par chimiluminescence utilise l'émission verte caractéristique à 525-530 nm ou l'émission infrarouge à 870-875 nm, avec une sensibilité dépendante de la population de l'état excité. L'analyse quantitative nécessite un étalonnage contre des standards connus en raison des efficacités d'excitation variables dans les différentes méthodes de détection.

Applications et Utilisations

Applications de Recherche et Utilisations Émergentes

Le monofluorure d'azote sert principalement de système modèle pour étudier les processus de transfert d'énergie dans les lasers chimiques. La production efficace d'états excités par des réactions chimiques permet l'étude des mécanismes de transfert d'énergie vibrationnelle-vers-électronique. La relation isoélectronique de la molécule avec O2 fournit des données comparatives pour des études théoriques des systèmes diatomiques à couche ouverte. Les applications de recherche incluent des investigations fondamentales des réactions radical-molécule, particulièrement les processus d'abstraction d'hydrogène pertinents pour la chimie de la combustion. La chimiluminescence caractéristique du composé facilite le développement de systèmes laser chimiques opérant dans les régions spectrales verte et infrarouge. Les applications émergentes explorent NF comme agent de fluoration dans la chimie synthétique spécialisée, bien que la mise en œuvre pratique reste limitée par les difficultés de manipulation. La métastabilité et les propriétés efficaces de stockage d'énergie de la molécule continuent d'attirer l'intérêt pour des applications potentielles de conversion d'énergie. Les recherches en cours se concentrent sur les techniques de stabilisation et les processus catalytiques qui pourraient utiliser les motifs de réactivité unique de NF.

Développement Historique et Découverte

L'existence du monofluorure d'azote fut d'abord postulée dans les années 1930 sur la base d'études cinétiques des réactions des fluorures d'azote. Les premières preuves spectroscopiques émergèrent dans les années 1950 grâce à des expériences de photolyse flash conduites par des chercheurs de l'Université de Cambridge. L'identification définitive eut lieu en 1964 par spectroscopie infrarouge en isolation en matrice par Milligan et Jacox, qui observèrent la bande vibrationnelle caractéristique à 1141,5 cm-1 dans des matrices d'argon. Les études à haute résolution subséquentes dans les années 1970 élucidèrent la structure électronique et les propriétés spectroscopiques en utilisant la résonance magnétique laser et des techniques de jet moléculaire. Le développement de la technologie des lasers chimiques dans les années 1980 stimula un intérêt renouvelé pour les propriétés de transfert d'énergie du NF. Les calculs théoriques utilisant des méthodes de chimie quantique avancées ont progressivement affiné la compréhension des caractéristiques de liaison et de la réactivité de la molécule. Les investigations récentes emploient la spectroscopie ultrarapide pour étudier les processus de redistribution d'énergie sur des échelles de temps femtosecondes.

Conclusion

Le monofluorure d'azote représente une molécule diatomique chimiquement significative malgré son instabilité inhérente et sa nature transitoire. Le composé présente des caractéristiques de liaison uniques comme l'une des rares instances documentées d'atomes de fluor multipliément liés. Sa relation isoélectronique avec l'oxygène moléculaire fournit des données comparatives précieuses pour les études théoriques des systèmes à couche ouverte. La production efficace d'états excités par des réactions chimiques permet une investigation détaillée des processus de transfert d'énergie pertinents pour la technologie laser. Les recherches en cours continuent d'explorer les motifs de réactivité fondamentale et les applications potentielles de cette espèce métastable. Des défis subsistent dans le développement de méthodes pratiques pour la stabilisation et l'utilisation des propriétés chimiques uniques du NF. Les investigations futures se concentreront probablement sur des techniques spectroscopiques avancées et des méthodes computationnelles pour élucider davantage le comportement de la molécule dans des environnements chimiques complexes.

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